
Le 28 novembre 2025, près de cinquante acteur·rices associatifs, partenaires publics et structures d’accompagnement se sont réunis au Teyat Otonom Mawon (TOM) pour un atelier collaboratif consacré à un enjeu majeur : l’accès des associations martiniquaises aux financements de fondations.
Cet événement, organisé dans le cadre du Mois de l’Économie Sociale et Solidaire, s’est appuyé sur des données issues du rapport d’activité 2024 de la Fondation de France ainsi que sur un sondage mené auprès de plus de 70 acteur·rices associatifs.
Voici la synthèse complète de ces travaux, mise à disposition des associations, des acteurs publics, des fondations et de toutes les structures engagées dans la vitalité du tissu associatif martiniquais.
Pourquoi cet atelier ?
Les résultats de l’étude préliminaire sont sans appel :
malgré un engagement associatif riche et dynamique, les associations solliciten peu les fondations et les partenaires privés, et rencontrent des difficultés récurrentes pour accéder à ces financements.
L’atelier avait un double objectif :
- Analyser collectivement les freins rencontrés par les associations.
- Identifier des leviers de solutions concrets, mobilisables en interne comme en externe.
Les principaux freins identifiés
La synthèse présente en détail l’analyse des trois familles de freins majeurs :
1. Veille & accès à l’information
Faible connaissance des fondations et opportunités de financement.
Temps insuffisant pour la veille stratégique.
Dépendance quasi exclusive aux financeurs publics.
Difficulté à structurer une stratégie de veille ciblée.
2. Ingénierie de montage de dossiers
Manque de compétences en montage de projet et argumentaire.
Budget prévisionnel difficile à construire et à justifier.
Diversité des formats demandant une forte capacité d’adaptation.
Offre locale d’accompagnement et de formation limitée.
3. Capacités organisationnelles
Structuration administrative fragile.
Production parfois difficile des pièces justificatives et du suivi des actions.
Manque d’ingénierie interne.
Faible mutualisation entre associations.
Vivier de bénévoles contraint.
Des solutions co-construites
L’atelier a permis d’identifier des leviers d’action concrets, présentés dans la synthèse :
Renforcer la stratégie de veille et la gouvernance financière.
Outiller la constitution des dossiers de candidature (modèles, IA, mutualisation).
Développer la formation des bénévoles et salarié·es.
Créer des dynamiques collectives d’apprentissage et d’échanges entre associations.
Mobiliser les ressources locales : DLA, Guid’Asso, CRESS, organismes spécialisés…
Mieux valoriser les actions menées pour accroître visibilité et crédibilité.
Ces pistes ne constituent pas un plan d’action institutionnel, mais une base solide pour engager un travail commun entre associations, élus, financeurs et structures d’accompagnement, afin d’améliorer durablement l’accès aux financements sur le territoire.
Une dynamique collective à poursuivre
Cet atelier marque une première étape et la richesse des échanges confirme la nécessité de :
- mieux comprendre les réalités du terrain martiniquais,
- renforcer les liens entre acteurs,
- structurer des démarches collectives,
- accompagner la montée en compétence du secteur associatif.
La synthèse vise à outiller les structures, à inspirer les décideurs et à encourager la coopération entre financeurs et acteurs de terrain.

